Chaloupe

Texte de la lettre adressée à Savéol

 

Monsieur le directeur,

 

De grands panneaux publicitaires ont fait leur apparition en avril dans le Finistère et ailleurs pour vanter les tomates dites « sans pesticides » de la marque finistérienne bien connue Savéol.
Qu'en est-il exactement ? La tomate est-elle vraiment exempte de pesticides ?

Certes, la charte, de nature privée, de cette gamme de tomates est explicite car elle interdit l'utilisation de pesticides mais uniquement « de la fleur à l'assiette », ce qui veut dire qu'il n'y a donc pas de traitements chimiques de la floraison jusqu'à la récolte. C'est un progrès important, dû notamment à l'utilisation d'insectes. Mais qu'en est-il de la préparation du milieu (aseptisation de la serre et des substrats), et des étapes d’entretien précédant la floraison ? Les consommateurs n'ont aucune garantie que des pesticides n'aient pas été utilisés.
Est-ce alors une publicité de nature à induire le consommateur en erreur ? La question peut être débattue. Il nous semble en tout cas que la publicité, parce qu'elle est incomplète, reste ambiguë. Elle aurait dû mentionner au minimum « sans pesticides de la floraison à la récolte ».
A noter en outre que ces tomates sont cultivées en serre (souvent chauffées, donc avec production de CO2 qui accroît le réchauffement climatique) et hors sol.
Enfin les consommateurs, lors des dégustations que nous organisons en été, estiment qu'en général les tomates non bio vendues en grandes surfaces ont peu de goût, ce qui n'est pas le cas des tomates bio ou cultivées en jardins particuliers.
Pour la CLCV, les seuls produits réellement « sans pesticides » de synthèse, c'est-à-dire de la préparation du sol à la récolte, sont les produits labellisés bio, conformes au label officiel français et européen, explicite et garanti par des contrôles indépendants.
Nous souhaitons donc que votre publicité soit modifiée et complétée afin de présenter aux consommateurs un message clair et sans ambiguïté et qu'elle précise également de manière très transparente dans quelles conditions sont cultivées les tomates, de la préparation du sol et de la graine jusqu'à la fleur.

Restant à votre disposition, nous vous prions d'agréer, Monsieur le directeur, l'assurance de notre considération distinguée.

 

                                                                                           Pour la CLCV du Finistère,

                                                                                           Claude Martel, coprésident

La CLCV a écrit aux enseignes

pour leur demander de ne plus commercialiser de glyphosate

 

Depuis le 1er janvier 2017, la loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt (LAAAF) interdit la vente des pesticides chimiques les plus à risque dans les rayons en libre-service. Dans les magasins, enseignes spécialisées ou non, les pesticides chimiques doivent être placés dans un espace dédié, non accessible directement à la clientèle. Un conseiller doit obligatoirement être présent pour assurer leur commercialisation après avoir délivré des conseils d’utilisation spécifiques. Seuls les produits dits « bio-contrôlés », dont la liste est clairement définie, peuvent être commercialisés en libre-service.

Le 1er janvier 2019, les pesticides ne pourront plus être vendus aux particuliers conformément à la loi. Mais compte tenu du danger réel constitué par le glyphosate, reconnu cancérogène probable par l'OMS et la communauté scientifique, la CLCV a écrit à une vingtaine de magasins du département (dont des grandes surfaces qui ont décidé d''adopter une démarche environnementale) pour leur demander de prendre l'initiative de ne plus commercialiser le glyphosate, et ceci dès le début de l'année 2018.

Financement des associations de consommateurs

Le financement des associations de consommateurs baisse considérablement. Cliquez pour lire le communiqué de presse de la CLCV au niveau national  : Communiqué de presse .

La CLCV milite depuis de nombreuses années pour la mise en place d’une information nutritionnelle simplifiée (logo synthétique coloriel à échelle) en face avant des produits dans le but d’inciter les consommateurs à faire des choix alimentaires plus sains dès l’acte d’achat.

Dépannage à domicile : la protection du consommateur en panne


Le dépannage à domicile a fait l’objet d’un plan d’action ministériel l’année dernière car il s’agit d’un service où surviennent de nombreux litiges. Plus de huit mois après l’entrée en vigueur de ce plan d’action, la CLCV a voulu évaluer son impact concret notamment en vérifiant si les nouvelles obligations d’information du consommateur étaient appliquées.


Des obligations d’affichage non respectées par les professionnels
De mai à juillet, nos enquêteurs bénévoles se sont rendus sur le terrain afin de vérifier si les dépanneurs qui reçoivent le public respectaient leurs nouvelles obligations d’affichage extérieur. Depuis le 1er avril, cet affichage doit informer sur le coût du devis, les frais de déplacement, les modalités de décompte du temps estimé et le taux horaire de la main d’œuvre. Les 130 relevés réalisés font état d’une absence totale d’affichage extérieur des tarifs dans plus de 95 % des cas. Cette information tarifaire doit figurer sur le site internet du professionnel lorsqu’il en a un, ce n’est pas le cas pour plus de 55 % d’entre eux. Cette carence inacceptable prive les clients de toute possibilité de pouvoir comparer des services équivalents.


Le dépannage est encore trop souvent synonyme de mauvaise surprise
Nous avons lancé sur notre site internet une enquête, toujours en cours, destinée aux consommateurs ayant déjà fait appel à un dépanneur et invitons le public à contribuer : www.clcv.org. Les 200 premières réponses montrent une satisfaction faible. D’après ces témoignages, pour sélectionner un dépanneur, le choix au hasard dans l’annuaire ou le prospectus dans la boîte aux lettres semblent être la voie privilégiée (un tiers de réponses environ) alors qu’il s’agit de la plus déconseillée. Il apparaît aussi que les consommateurs sont peu nombreux à faire jouer la concurrence. Pour éviter les mauvaises surprises, on rappellera la nécessité d’anticiper en établissant une liste de professionnels connus ou recommandés par son entourage, l’importance d’exiger un devis préalable, de faire jouer la concurrence et de toujours conserver les pièces remplacées.


Face à ce constat, nous demandons :
• Des contrôles renforcés auprès des professionnels du dépannage avec la mise en ligne du résultat de ces contrôles sur un site officiel consultable par le grand public (à l’image des contrôles d’hygiène dans les restaurants via « Alim’confiance »).
• La création d’une amende administrative spécifiquement destinée à sanctionner la non-remise d’un devis préalable en matière de dépannage.
• La remise obligatoire par le professionnel d’une attestation d’assurance dans une forme normalisée qui permettra au consommateur victime d’obtenir l’indemnisation de son préjudice, même en cas de faillite.