Chaloupe

Lettre du 4 mars 2016 à l'ARS Bretagne

 

Monsieur le directeur général,

La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique prévoit d'équiper 35 millions de foyers français de compteurs communicants à horizon 2021. L'installation des compteurs Linky a débuté en plusieurs endroits du Finistère.

La CLCV, association finistérienne regroupant 1 200 consommateurs, a saisi ERDF des diverses questions que soulèvent ces compteurs. Elle souhaite également connaître la position de l’Agence régionale de santé sur le sujet sensible des ondes.

 

Le compteur Linky communique avec un concentrateur situé dans un poste électrique de quartier par courant porteur en ligne (CPL) qui superpose au courant électrique sur le réseau du logement desservi un signal à haute fréquence de 3 à 148 kHz. Par comparaison, la fréquence est supérieure à 900 Mhz pour le réseau de téléphone mobile. Ces chiffres relatifs au CPL sont confirmés par l'Agence nationale des fréquences radio (ANFR) que notre confédération a rencontrée. Ils sont également confirmés par le CRIIREM (Centre de recherche et d'information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques).
- Quels sont les effets des fréquences du CPL sur le réseau électrique non blindé à l'intérieur des logements ?
- Les impulsions seront elles envoyées une seule fois par jour (en l'occurrence la nuit) ou par intermittence de nombreuses fois par jour ?
- Le CPL du compteur Linky n’entrera-t-il pas en conflit avec le réseau CPL déjà installé chez les usagers d’Internet ?

De plus, la consommation est transmise des concentrateurs de rue vers des points de collecte ERDF (plusieurs centaines de milliers de mini-relais installés à terme) sur des hautes fréquences de 900 MHz.
- Quels sont les effets de ces hautes fréquences sur les habitants du quartier ?

En tout état de cause, le compteur Linky renforcera à l'évidence le bain électromagnétique dans lequel nous vivons déjà. Or, le parlement européen a déjà constaté que les limites d'exposition aux champs électromagnétiques fixé pour le public sont devenues obsolètes.

Aujourd'hui, de nombreuses informations dont certaines peuvent être contradictoires, alarmistes voire erronées circulent sur le compteur Linky. Le CRIIREM demande la mise en place, avec l'ADEME, l'ANSES, ERDF et des représentants associatifs, d'un cadre pour définir un protocole et une campagne de mesures, choisir un organisme indépendant pour réaliser ces mesures qui seraient rendues publiques et solliciter un avis de la Commission de sécurité des consommateurs.
Quelle est la position de l’ARS sur cette initiative en termes de santé publique ? Nous ne pouvons pour notre part qu'approuver une telle démarche, qui doit permettre de clarifier la situation et d'apporter des réponses objectives aux questions que se posent les consommateurs en tenant compte du principe constitutionnel de précaution.

Veuillez agréer, Monsieur le directeur général, l'assurance de notre considération distinguée.

Pour la CLCV du Finistère,

Claude MARTEL, coprésident