Chaloupe

 

Consultation publique sur l'eau : participons en tant que consommateurs !

L'Europe s'est dotée en 2000 d’une directive cadre sur l'eau qui a fixé un objectif de résultat : reconquérir la qualité de toutes les eaux suivant trois cycles : 2010-2015, 2016-2021, et 2022-2027, dernier délai.

Le SDAGE (schéma directeur de gestion des eaux) de l’Agence Loire Bretagne doit donc intégrer cet objectif de bon état. Adopté par le comité de bassin le 4 novembre 2015, ce SDAGE s’achèvera fin 2021. Un nouveau schéma devra être préparé pour la période 2022-2027.

 La consultation publique de tous les consommateurs d’eau du bassin Loire Bretagne (9 millions d’habitants), qui se déroule du 2 novembre 2018 au 2 mai 2019, porte sur les « questions importantes » à retenir pour ce prochain SDAGE.

 Alors que l'objectif du SDAGE 2016-2021 était de 61 % des cours d'eau en bon état  en 2021, aujourd'hui seuls 26 % le sont. Pour  les plans d'eau, le taux est de 25 % seulement, contre 72 % pour les eaux côtières.

Le bon état de toutes les eaux (100 % des masses d’eau)

doit être atteint en 2027 dernier délai !

Chaque citoyen consommateur de l'eau doit participer à la consultation publique jusqu’au 2 mai

  • soit en remplissant le questionnaire de l'Agence de l'eau disponible sur www.prenons-soin-de-leau.fr
  • soit en le remplissant sur les marchés, au cours des permanences ou des réunions organisées par la CLCV. En répondant à la question "Comment avez-vous été informé de cette consultattion ?" : CLCV (à la ligne "autre")

Faites connaître l’enquête partout, à votre famille, à vos amis. Il y va de la qualité de l'eau que nous buvons et de la réponse à l’urgence climatique !

Nos préconisations

1- La qualité de l’eau : la question de notre santé et de la biodiversité

Malgré des progrès réels, la qualité de l’eau est insuffisante au regard des dernières données scientifiques sur les causes de nos maladies et la réduction dramatique de la biodiversité (oiseaux, insectes…).

Il faut donc :

- réduire massivement les nitrates (moins de 10 mg/l dans tous les bassins versants afin d'éradiquer les marées vertes et d'obtenir une eau pure au robinet).

- réduire de plus de 60 % les pesticides pour 2027 dernier délai et supprimer le glyphosate.

- développer massivement l'agriculture biologique pour atteindre au moins 27 % de la surface agricole utile en 2027. Le bassin Loire Bretagne, avec 6 % de cette surface en bio, est mauvais élève par rapport à des départements du sud de la France qui se situent entre 19 et 23 %.

- analyser et réduire tous les nouveaux polluants : résidus de médicaments, plastiques et autres perturbateurs endocriniens.

2- La quantité : la question de l’urgence climatique

Afin de retenir l’eau, d’éviter le ruissellement, de conserver une ressource en eau, de lutter contre la pollution par les eaux usées, il faut :

- renaturer, permabiliser les sols des communes et des bâtiments : parkings, trottoirs, rues perméables en fixant des objectifs dans les documents d’urbanisme ;

- réduire les cultures consommatrices d’eau (comme le maïs), développer les cultures économes en eau, les cultures fourragères locales, abandonner le soja (déforestation importée) ;

- lutter contre les pertes en réseau : pas plus de 15 % de pertes !

 

3- La gouvernance : la question de l’équité

Si l’on veut que les consommateurs s’intéressent à la question fondamentale de l’eau et économisent l’eau, il faut :

- appliquer strictement le principe pollueur/payeur et non pas, comme aujourd’hui, faire supporter plus de 85 % des redevances aux usagers alors que la pollution provient majoritairement de l'agriculture et de l'industrie ;

- adopter une tarification sociale et progressive de l’eau : abonnement réduit, trois tranches de prix dont une modique tenant compte de la composition du foyer.