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Catégorie : Energie

 

100 % d'électricité d'origine renouvelable, c'est possible en 2050 !

 

En 1975-81, quand la population bretonne s'opposait aux projets de centrales nucléaires (Plogoff, Ploumoguer, Saint Vio, Le Pellerin, Beg an Fry), de nombreuses associations dont la CLCV et des scientifiques affirmaient qu'il fallait investir massivement dans les énergies renouvelables (cf. Projet alter breton) pour se passer à terme du nucléaire.

Les utopies d'hier deviennent réalités du présent, car voici que l'ADEME (organisme d’État) affirme que la France pourra en 2050 disposer d'une énergie à 100 % renouvelable. Son rapport d'avril 2015 était tellement explosif pour certains (le lobby nucléaire mais aussi l’État) qu'il serait resté secret sans l'intervention de Médiapart qui a mis en ligne l'intégralité du document. Comment expliquer ce revirement majeur ? Petit retour en arrière.

1- En 2006, l'association d'ingénieurs Négawatt publie un rapport très argumenté sur la transition énergétique affirmant que la France peut produire 100 % d'électricité d'origine renouvelable. Ce scénario complété en 2006 repose sur trois piliers : sobriété énergétique, efficacité énergétique et énergies renouvelables. Un nouveau scénario a été rendu public en 2011.

2- En 2011, le Conseil allemand de l'environnement publie un rapport détaillant les mesures à prendre pour parvenir à 100 % d'électricité renouvelable en affirmant que cette option serait moins coûteuse que de continuer à brûler charbon et gaz…

3- En 2012, aux USA, le Centre de recherche fédéral sur les énergies renouvelables affirme que la pays peut passer de 10 à 80 % d'électricité renouvelable d'ici à 2050 sans surcoût.

4- Cette année, c'est l'Agence internationale de l'environnement qui affirme que l'on peut porter la part des énergies renouvelables à 79 % du mix électrique mondial en 2050 sans contrecarrer la croissance.

Et voici que dans le pays le plus nucléarisé du monde où l’État lui-même tient fermement à l'option nucléaire et où les énergies renouvelables ne pèsent que 17 % du mix énergétique, l'ADEME affirme au terme d'une étude de 14 mois que l'option d'une électricité à 100 % renouvelable est possible en 2050 et coûterait 50,4 milliards d'euros aux français contre 49,4 pour le scénario nucléaire officiellement retenu.

Dans ce scénario, côté consommation, l'ADEME retient le chiffre de 422 térawatt/heures (soit comme aujourd'hui) en misant sur une grande efficacité énergétique (rénovation énergétique des logements, évolution des transports…) . Côté production, elle retient les chiffres suivants : 65 euros le MWh pour l'éolien terrestre (80 aujourd'hui), 107 MWh pour l'éolien marin, 85 MWh pour le photovoltaïque, etc. Ainsi, en 2050, l'éolien représenterait 63 % de la production, le photovoltaïque 17 % et l'hydraulique 13 %. Pour faire coïncider production et consommation, plusieurs leviers sont travaillés : pilotage de la demande par des compteurs communicants, développement des capacités de stockage (turbines de barrage fonctionnant à l'envers, conversion de l'excédent d'électricité en hydrogène puis en méthane, puis conversion du gaz en électricité en fonction de la demande, etc.).

Désormais, l'option de sortie du nucléaire à long terme n'est plus tabou, et ce rapport rend crédible la position de la CLCV du Finistère.