Chaloupe

 Manger moins de viande, mais de proximité et de meilleure qualité

L'élevage français traverse une nième crise qui met de nouveau en cause la grande distribution et les différents intermédiaires. Payer 1,3 euro le kilo de porc aux producteurs (sur les 11-12 euros facturés au consommateur) est un vrai scandale, alors que la grande distribution retient 40 % du prix. Comment les agriculteurs peuvent-ils avec cette trop faible rémunération couvrir tous les frais engagés quand on ils sont déjà sous perfusion, endettés, etc. ?

 Mais cette crise pose surtout la question du mode de développement actuel agricole : comment en effet admettre une agriculture de plus en plus productiviste, chimique, concentrée qui a perdu près du quart de ses emplois en quelques années et qui est représentée certes par la fameuse ferme aux mille vaches mais aussi par d'autres réalités moins connues : atelier d'engraissement de 2000 taurillons dans l'Aube, porcherie industrielle de 15 000 porcs dans la Marne, atelier de 250 000 poules pondeuses dans la Somme, etc.

Ce système agricole de plus en plus déconnecté du sol et des cycles naturels, importateur de produits transgéniques qui détruisent les équilibres de la planète (le soja du Brésil qui remplace la forêt amazonienne), consommateur de pesticides (le Round up dangereux de Montanto sur le maïs) et d'une eau de plus en plus rare et chère devrait être mis en cause dans le cadre de la Conférence des nations unies sur la changement climatique. Faut-il rappeler que l'élevage est responsable de 14,5 % des gaz à effet de serre d'origine humaine ? Que chaque personne en occident consomme en moyenne 76 kg de viande par an (contre 33 dans les pays en développement) ?

Pour la CLCV, au-delà de la transparence et du rééquilibrage des prix en faveur des agriculteurs qui sont nécessaires, il faut effectivement afficher l'origine française des viandes (mais plus globalement de tous les produits !). Pourtant cela ne suffit pas et la solution quoiqu'en disent certains n'est pas à rechercher dans la TVA sociale qui pénaliserait les plus vulnérables… Il faut promouvoir un autre mode de développement agricole basé sur la proximité (circuits courts et de proximité notamment pour les cantines, mise en œuvre d'une taxe carbone pour pénaliser les produits importés : viande d'Argentine mais aussi les kiwis de Nouvelle Zélande, les poires du Chili, les avocats d'Israël, etc.), sur la qualité du produit et la préservation de l'environnement (production extensive et biologique). Et aux consommateurs de manger moins de viande mais de meilleure qualité ! C'est à ces conditions que l'on contribuera à refroidir la planète...