Chaloupe

Le point sur le réchauffement climatique

 

1859 : John Tyndall, physicien irlandais, énonce le principe fondamental de l’effet de serre : les variations de la concentration des molécules de dioxyde de carbone dans l’atmosphère peuvent entraîner des changements climatiques.

1896 : Svante Arrhenius constate que l’activité humaine industrielle est à l’origine du dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’atmosphère et qui augmente avec la consommation de charbon.

1967 : Le Rapport Mc Namara annonce un changement climatique planétaire de + 2,5°C avant la fin du siècle.

1972 : René Dubos écrit le rapport « Nous n’avons qu’une Terre », qui sert de base au premier Sommet de la Terre, également connu comme Conférence des Nations-Unies sur l’environnement humain, qui se tient à Stockholm en 1972. Publication du rapport Meadows sur « Les limites à la croissance ».

1979 : Un comité de scientifiques états-uniens que présidait un géophysicien appelé Gordon Mc Donald annonce les bouleversements à venir : hausse des températures de 2 à 3°C, sécheresse dramatique, migrations, fonte des calottes glaciaires, montée impressionnante du niveau de la mer...

1987 : Publication du rapport Brundtland intitulé « Notre avenir à tous » rédigé par une commission mondiale présidée par la norvégienne Gro Harlem Brundtland qui emploie pour la première fois l’expression « développement durable ».
« Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de besoins et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ».

1988 : Création du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui réunit 130 pays et 2 500 intellectuels répartis en trois groupes (les bases physiques des sciences du climat, les risques et conséquences liés au changement climatique, l’adaptation et l’atténuation). Le GIEC publie tous les six ans un rapport général qui donne aux décideurs politiques et aux citoyens l’état des connaissances le plus objectif possible sur le climat.

1992 : Le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro définit la notion de développement durable comme fondement de la coopération internationale. Il aboutit à l’adoption de l’Agenda 21, plan d’action pour le XXIe siècle, ainsi que de trois conventions : la Convention sur la diversité biologique (CDB), la Convention des Nations-Unies sur la lutte contre la désertification (CNULD) et la Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

1997 : Le Sommet de la Terre aboutit à la signature du Protocole de Kyoto pour la lutte contre le changement climatique. 38 pays industrialisés s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % globalement, au cours de la période allant jusqu’en 2012.

2006 : Sortie du documentaire « Une vérité qui dérange » sur le changement climatique, basé sur une présentation de l’action
d'Al Gore.

2007 : Le rapport du GIEC conclut que l’essentiel de l’accroissement constaté de la température moyenne de la planète depuis le milieu du XXe siècle est « très vraisemblablement » dû à l’augmentation observée des gaz à effet de serre émis par l’homme.

2014 : Le rapport d’évaluation du GIEC fixe pour objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport au niveau préindustriel et si possible à 1,5 °C.

2015 : La loi relative à la transition énergétique du 12 août vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030, réduire la consommation énergétique finale de 50 % en 2050 par rapport à la référence 2012, réduire la consommation énergétique primaire d’énergies fossiles de 30 % en 2030 par rapport à la référence 2012, porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030.

2015 : Le premier accord universel pour le climat est approuvé à l’unanimité par les 196 délégations (195 États + l'Union Européenne) réunies à Paris le 12 décembre 2015. Moins d'un an après, le
4 novembre 2016, l'accord de Paris entre officiellement en vigueur mais n’est pas juridiquement contraignant. Cet accord prévoit de limiter le réchauffement à 2°C, et si possible à 1,5°C, alors que le réchauffement depuis la révolution industrielle est de 1°C.

2020 : La Convention citoyenne pour le climat réunit 150 personnes, toutes tirées au sort et représentatives de la diversité de la population. Elle a pour mandat de définir les mesures de nature à atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 (par rapport à 1990) dans un esprit de justice sociale. Après 8 mois de travail, elle rend au gouvernement en juin ses 149 propositions sur les thèmes se déplacer, consommer, se nourrir, se loger, produire/travailler.

2021 : L’Europe se fixe comme objectif de réduire d’ici à 2030 les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % par rapport à 1990. Les mesures : arrêter la vente des véhicules thermiques à partir de 2035, taxation progressive du kérosène, révision du marché carbone...

Juillet 2021 :
  - le Parlement adopte la loi climat et résilience dont l’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici à 2030 : interdiction des vols en cas d’alternative en train de moins de 2 heures 30 (une seule ligne supprimée au lieu des 8 lignes recommandées par le Haut conseil du climat), obligation de proposer un repas végétarien dès 2023 dans les restaurants sous la responsabilité de l’État (mais pas dans la restauration collective scolaire), interdiction progressive de louer les passoires thermiques étiquetées G, F et E (mais seulement à partir respectivement de 2025, 2028 et 2034), obligation d’un espace de vente en vrac pour les commerces de plus de 400 m², création d’une étiquette environnementale sur les produits alimentaires et textiles dès 2023, fin de la publicité pour les énergies fossiles en 2022, mais pas d’interdiction pour les SUV comme le demandait la Convention citoyenne, etc.
  - constatant que la baisse des émissions est limitée et que la trajectoire prévoyant une réduction de 12 % des émissions de 2024 à 2028 ne paraît pas atteignable dans la situation actuelle, le Conseil d’État donne neuf mois au gouvernement pour prendre toutes mesures utiles permettant d’infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre.

Eté 2021 : Alors que les événements climatiques extrêmes se succèdent (températures records et incendies en Amérique du Nord, en Sibérie, en Algérie, en Grèce, en Italie, en Tunisie, pluies diluviennes et inondations en Europe, en Chine et en Inde, ...), le 6e rapport du GIEC publié le 9 août estime que la possibilité de rester en deçà du seuil de 1,5°C semble désormais hautement improbable. En effet, pour avoir deux chances sur trois de limiter le réchauffement à 1,5°C, il ne faut pas émettre plus de 400 milliards de tonnes de CO2. Or nous en émettons 40 milliards par an. Il reste donc dix ans à ce rythme avant de parvenir à la neutralité carbone. Le GIEC lance un appel pressant aux décideurs pour décarboner rapidement et de manière radicale nos sociétés, en sortant des combustibles fossiles.

2022 : Au printemps, le GIEC détaillera les scénarios d’actions susceptibles de répondre à l’urgence climatique.