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Nouvelle Politique agricole commune : où est le verdissement ?

 

L’Union européenne dans son pacte vert a décidé de réduire de 50 % l’emploi des pesticides et de porter l’agriculture bio à 25 % de la SAU. Même si elle aurait dû aller plus loin, c’est une bonne avancée sur le principe. Or la nouvelle Politique agricole commune (PAC) prévoit qu’une seule partie (de 20 à 30 % seulement des aides) du 1er pilier, seront des « écorégimes ». Pire, la la mise en œuvre de la nouvelle PAC étant déléguée aux 27 Etats, le Plan stratégique national de la France qui concrétise cette PAC prévoit que 70 % des agriculteurs seront éligibles à ces écorégimes (1,3 à 2 milliards d’euros sur les 7 milliards d’aides directes en France aux agriculteurs). La question de fond est donc : quels sont les critères qui conditionnent ces aides ?

En fait, les agriculteurs certifiés Haute qualité environnementale (HQE) pourront, comme les agriculteurs bio, avoir accès à ces écorégimes. Or le label HQE est d’un niveau environnemental très faible puisque, par exemple, le bilan azoté ne doit tout simplement pas dépasser la moyenne nationale ! On va donc donner des aides, conclut une agricultrice bio, à des exploitations qui ne vont rien changer.

La nouvelle PAC, c’est donc globalement continuer à aider les gros agriculteurs (ceux qui ont le plus de terres dont les céréaliers) et ne pas reconnaître les agriculteurs qui, partisans d’un modèle agricole et alimentaire voulant sortir du productivisme, veulent avancer dans l’agroécologie, le bio, préserver l’environnement et les génétiques locales, développer l’emploi, etc. Les agriculteurs bio, déterminés, ont fait part de leur colère en manifestant à Paris.

Les consommateurs apprécieront le « verdissement » de la politique européenne...