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Catégorie : Services au public

Compteurs Linky : des questions qui demeurent

 

La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique prévoit d'équiper 35 millions de foyers français de compteurs communicants à horizon 2021. La CLCV rappelle, tout d’abord, que les usagers ne peuvent refuser la pose des compteurs Linky (seules les collectivités locales concédantes ayant cette faculté), même si dans la pratique, ErDF ne force pas la main.

 

La CLCV estime que les compteurs Linky sont un plus pour le consommateur mais restera vigilante sur plusieurs points essentiels.

Le compteur Linky relevant chaque jour la consommation à distance doit permettre aux usagers d'être facturés en fonction de la consommation réelle et non plus de la consommation estimée, souvent surévaluée par le distributeur.

En permettant d'avoir une information précise et fréquente (par jour, par semaine ou par mois) sur l'écran du compteur et, par internet, sur la consommation réelle, il contribuera à mieux maîtriser la consommation.

Ce nouveau compteur permettra de diversifier les offres en passant d'un abonnement par tranches de 3 à un abonnement par tranches de 1. Le consommateur devrait être gagnant sur ce point également.

Pour autant, le compteur Linky n'est pas gratuit, contrairement à ce qui peut être dit. Certes, l'installation ne sera pas facturée, mais le « surcoût net » du compteur sera répercuté chaque mois sur le tarif payé par le consommateur pendant 10 ans. Compte tenu des gains de productivité annoncés, la CLCV considère que ce surcoût net ne devrait pas être facturé.

Concernant les données personnelles, elles sont la propriété des usagers. L’accord explicite et écrit de ceux-ci devrait donc être obligatoire pour toute utilisation en dehors du contrat de fourniture d'électricité. Même si ERDF assure avoir respecté toutes les réglementations de cryptage en vigueur, la CLCV sera vigilante sur le respect de ce point sensible compte tenu du harcèlement commercial que nous subissons aujourd'hui.

Outre ces plus apportés aux consommateurs, plusieurs questions restent encore sans réponse, notamment :
  - les ondes : le compteur Linky ne risque-t-il pas de renforcer le bain électromagnétique dans lequel nous vivons déjà ?
  - les risques d'incendie signalés dans certains pays ;
  - le montant du « surcoût réel » ;
  - et à l'avenir, le risque de multiplication d'offres modulables qu'il sera difficile de comparer.

Sur ces questions actuellement sans réponse, la CLCV interroge ERDF ainsi que l’Agence régionale de santé et la Commission nationale informatique et libertés.