Chaloupe

Santé : appel à témoignages

 

La CLCV reçoit de plus en plus de témoignages sur des pratiques inacceptables dans le domaine de la santé. Nous avons décidé d’en rendre compte sur notre site et d’appeler les usagers à s'exprimer sur ce point. N'hésitez donc pas à nous écrire...

Cabinets de radiologie
Depuis quelque temps, certains cabinets de radiologie demandent aux usagers de rester dans la salle d’attente après l'examen, sans avoir vu le radiologue pour interpréter la radio ou le scanner. Quand ils sont appelés par la secrétaire, celle-ci leur rend la carte vitale et les clichés et demande 3,50 €, sans aucune explication.
Cette pratique courante appelle plusieurs observations :

1- L’usager ne rencontre plus le radiologue, ce qui amène le patient à consulter son médecin traitant pour interpréter la radio. Il serait plus logique que le patient soit informé par le spécialiste.

2- Les cabinets devraient préalablement informer l’usager sur les raisons de cette facturation de 3,50 € et leur préciser qu’ils ont le choix. En effet, cette somme correspond à l’archivage des radios ou scanners qui n’est pas obligatoire. Si l’usager refuse l’archivage, les clichés lui sont remis. L'utilité de cet archivage est en outre discutable, car si une radio s’avère ultérieurement nécessaire, de nouveaux examens seront automatiquement faits par l’hôpital ou la clinique. Dans tous les cas, la CLCV conseille de refuser l’archivage informatique, qui induit l'émission de gaz à effet de serre.

3- Il arrive aussi que les clichés ne soient pas remis immédiatement et que les patients doivent revenir les prendre, ce qui n’est pas acceptable.

4- Enfin, certains usagers se voient facturer 1 € pour frais compte tenu de la « délocalisation des analyses » sur une plus grande ville. La CLCV préconise de refuser cette pratique.

Dépassements d’honoraires
Les dépassements d’honoraires correspondent à des sommes supérieures aux tarifs conventionnés de l’assurance maladie pour les professionnels de santé appartenant au secteur 1. Dans ce cas, la Sécurité sociale couvre 70 % de l’intervention, à l’exception de la participation forfaitaire d'1 €.
En revanche, les médecins conventionnés du secteur 2 comme les professionnels non conventionnés peuvent pratiquer les tarifs des « honoraires libres », et les dépassements d’honoraires sont donc courants.
Selon les recommandations de l’Ordre des médecins, les dépassements sont censés être appliqués avec mesure. Un usager nous a pourtant signalé un dépassement de 500 € pour une opération de la hanche !
Certains spécialistes facturent aussi des dépassements d’honoraires mais parfois ne les appliquent pas ou, quand l’usager manifeste son mécontentement, minorent le dépassement ou ne le font pas payer.

La CLCV conseille de refuser ces dépassements non remboursés par la Sécurité sociale et faisant l’objet de marchandages, et de choisir un praticien qui n’applique pas de dépassement.

Kinésithérapie à la chaîne
Des usagers nous signalent les pratiques de certains kinésithérapeutes, qui reçoivent trois voire quatre personnes en même temps, passant de l’une à l’autre pour prodiguer soins et massages.

La CLCV invite bien entendu à choisir des kinés qui consacrent leur séance à un seul patient.

Remboursement des audio-prothèses
En France, on estime à 6 millions le nombre de malentendants dont seulement 15 % sont équipés en audio-prothèses. Les pouvoirs publics ont annoncé qu’en 2019, les audio-prothèses seront mieux remboursées et qu’on irait vers un reste à charge 0. Qu’en est-il réellement ?

Depuis le 1er janvier 2019, les appareils sont classés en deux catégories : I et II.
En 2018, la base de remboursement de la Sécurité sociale étant fixée à 199,71 €, le remboursement réel était de 60 % , soit 119,83 € par appareil.
En 2019, la base de remboursement passant à 300 € par appareil, le remboursement sera de
180 €. En 2020, les montants respectifs seront de 350 et 210 € et en 2021, de 400 et 240 €.

- Le prix des appareils de classe I baissera de 1 300 à 950 €. La complémentaire santé devra en 2021 rembourser la totalité du différentiel entre la prise en charge de la Sécurité sociale et le prix de vente. Le reste à charge sera alors nul pour l’usager. Donc acte sur ce point, sauf que les appareils de classe I sont des appareils tout à fait basiques qui ne conviennent qu'aux faibles malentendants.

- Le prix des appareils de classe II est quant à lui libre et on ne va pas vers un charge à charge 0. Rien ne sera imposé, même si le remboursement sera plus fort qu’en 2018.

En revanche, le produit d’entretien ne sera plus remboursé et les piles seront remboursées selon un forfait total de 21 € par an, contre 73 € en 2018 ! De qui se moque t-on ?

Nous rappelons malheureusement que trop d’usagers ne se soignent pas en raison de tous ces freins financiers...