Chaloupe

Quimper, le 28 septembre 2020

 

Madame la députée / Monsieur le député,

 

Nous vous avons déjà interpellé en juillet dernier sur l’écocide à l’œuvre au Brésil contre lequel des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour parvenir à arrêter la déforestation de l’un des plus importants poumons de la planète qui accélérerait encore le dérèglement climatique.

Or aujourd’hui revient sur le devant de la scène, après la publication du rapport de la commission Ambec à la demande du premier ministre, la question de l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. C’est avec raison que la France vient de décider de s’opposer à ce projet en l’état actuel.

La CLCV, qui s’est déjà opposée au TAFTA et au CETA en raison du non-respect des normes sanitaires européennes qui sont les plus favorables au monde pour les consommateurs, se prononce également contre cet accord avec le Mercosur pour des raisons évidentes :

               - ratifier cet accord avec le Mercosur serait accepter la déforestation criminelle de l’Amazonie, soit une accélération des coupes de 5 %, voire de 25 % par an selon l’Institut Veblen ;

              - ratifier cet accord entraînerait une hausse importante des gaz à effet de serre due aux fortes importations prévisibles de poulets ;

             - ratifier cet accord serait accepter l’utilisation de pesticides interdits en France et dans l’Union européenne (27 % des 190 principes actifs autorisés au Brésil sont interdits dans l’UE, car les limites maximales de résidus sont beaucoup plus hautes) ;

             - ratifier cet accord, ce serait accepter l’importation de produits OGM à 80 % (soja, maïs) et de viande nourrie aux OGM. Or une très large majorité des consommateurs refuse les OGM.

           - et bien sûr, signer cet accord serait totalement contradictoire avec la législation européenne puisque les produits importés ne respectent, pas loin s’en faut, les normes sanitaires européennes (farines animales, antibiotiques utilisés comme activateurs de croissance, atteinte au bien-être animal, notamment par le marquage au fer, etc.). De plus, cet accord fausserait la concurrence puisqu’il avantagerait de fait les producteurs brésiliens et argentins.

Mais la CLCV réclame non seulement la non-ratification mais aussi l’obligation d’affichage, d’une part, de tous les aliments qui constituent la nourriture des animaux et d’autre part, de l’origine exacte de ces produits, afin que les consommateurs puissent choisir en toute transparence en exerçant leur droit d’acheter des produits totalement locaux et de refuser ceux qui accélèrent le dérèglement climatique et appauvrissent la biodiversité. A cet égard, la décision récente de trois acteurs de l'industrie agroalimentaire bretonne de développer la production locale de légumineuses pour l'alimentation animale, réduisant ainsi la forte dépendance de l'agriculture bretonne à l'importation de soja essentiellement OGM, va dans le bons sens.

En attendant un boycott des produits brésiliens réclamé par plusieurs organisations et/ou personnalités pour dénoncer la déforestation, la CLCV demande aux consommateurs de n’acheter que des viandes bio ou certifiées nourries avec des céréales 100 % françaises. Certains producteurs ont bien compris l’enjeu puisque cette mention est de plus en plus présente sur les viandes.

En espérant que vous prendrez en considération notre demande et dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame la députée / Monsieur le député, l’assurance de notre considération distinguée.

 

Pour la CLCV du Finistère,

Yvon Thomas,

coprésident chargé de la consommation