Chaloupe

 

COP 21 (*) : on est encore loin du compte !

 

L'impératif de la lutte contre le réchauffement climatique

Le réchauffement climatique n'est pas une vue de l'esprit. C'est une triste réalité mesurée scientifiquement par de nombreux organismes dont le GIEC, organisme international dépendant de l'ONU. Les conséquences de ce phénomène mondial sont aujourd'hui largement connues :

   - la température de la terre ne cesse d'augmenter ;

   - le niveau des océans s'élève à un rythme croissant ;

   - les événements climatiques extrêmes sont plus fréquents (inondations, sécheresse, cyclones, tsunamis…) ;

   - la couverture des neiges et glaciers se réduit dangereusement ;

   - la flore et la faune évoluent.

 

Ces changements sont dus à un effet de serre grandement imputable à l'activité humaine depuis la révolution industrielle. Selon l'ADEME, plus de 80 % de l'énergie consommée par l'homme est produite par des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), et les émissions annuelles de CO2 issues de la combustion sont passées de 200 millions de tonnes en 1850 à 29 milliards de tonnes en 2007 !

Pour lutter contre le réchauffement climatique, le GIEC estime qu'il ne faut pas dépasser une concentration de CO2 dans l'atmosphère de 450 parties par million (ppm) en 2050, afin de limiter le réchauffement de la planète à 2° C d'ici la fin du siècle. Or en 2010, cette concentration a déjà atteint 390 ppm et croît à un rythme d'environ 2 ppm par an.

COP 21 : où en est-on ?

Alors que les précédentes rencontres internationales ont porté sur une répartition des efforts à mener pour limiter le réchauffement, sans parvenir à des engagements contraignants et partagés par les 196 Etats concernés, la COP 21 demande à chacun de ces Etats un engagement volontaire pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre. La COP 21 sera un événement historique si la somme de ces 196 engagements permet de limiter le réchauffement de la planète à 2°C.

Or au 1er octobre 2015, seuls 147 Etats avaient notifié leurs engagements. Et selon les analyses des spécialistes, la somme de leurs engagements ne parvenait qu'au tiers du volume nécessaire pour limiter le réchauffement.

On est donc encore loin du compte, d'autant plus que les engagements visent souvent des horizons lointains (2030, 2050) alors que selon les spécialistes, c'est d'ici 2020 qu'il faut inverser le cours des choses… Pourtant, un tel changement n'est pas un défi inaccessible car pour la première fois dans l'histoire, en 2014, les émissions mondiales de gaz ont stagné. Il faut ainsi franchir un nouveau palier.

La transition énergétique en France

La France vient d'adopter le 22 juillet dernier une ambitieuse loi sur la transition énergétique ayant pour objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre en 2050 (par rapport à la situation de 1990) : réduction de moitié de la consommation finale d'énergie, 32 % d'énergie renouvelable, diminution de 30 % de la consommation primaire d'énergies fossiles et réduction de l’énergie nucléaire à 50 % de la production électrique en 2025.

Si l’on constate déjà une baisse significative des émissions de gaz à effet de serre, le récent rapport de l'ADEME (cf. résumé dans notre rubrique énergie) prouve que la France peut parvenir sans problème à une électricité 100 % renouvelable.

Elle devra cependant accélérer le mouvement, car l'évolution n'est pas assez rapide dans certains secteurs producteurs de gaz à effet de serre :

   - le logement : pour un objectif de rénovation énergétique de 500 000 logements / an en 2017, seuls 160 000 logements avaient été rénovés en 2013 ;

   - le transport routier (27 % des émissions, qui continuent à progresser) ;

Pour aller plus loin et plus vite, voici quelques pistes à mettre en œuvre :

   - suppression au niveau national des aides accordées aux énergies fossiles (ex : en Finistère, la centrale à gaz prévue à Landivisiau) et transfert de ces aides sur les énergies renouvelables ;

   - donner un coup d'arrêt aux plastiques (interdire les sacs plastiques dans la distribution, recycler les films plastiques et pots de yaourt …) ;

   - augmenter par étape la taxe sur le diesel ;

   - renforcer le soutien aux transports collectifs et déplacements doux.

« La maison brûle ! » Alors regardons-nous dans un miroir pour voir ce que nous pouvons tous faire.

Le réchauffement climatique, de plus en plus sensible au quotidien, nous concerne tous !

La CLCV propose aux consommateurs plusieurs actes concrets à adopter dès maintenant :

   - trier au maximum afin de récupérer la totalité des papiers-cartons, plastiques, métaux et verres, et d'alléger au maximum la poubelle des déchets putrescibles ;

   - ne plus accepter de sacs plastiques dans les commerces (magasins de vêtements, de sports, pharmacies, boulangeries…) ;

   - pour les propriétaires, avancer dans la rénovation thermique de leur logement (cf. note en rubrique énergie avec les primes possibles) : isolation des murs extérieurs, toits, baies vitrées ;

   - ne plus acheter de voitures diesel, préférer les déplacements collectifs et doux ;

   - revoir notre alimentation : consommer moins de viande (le protoxyde d'azote et le méthane des déjections animales et engrais azotés sont des gaz à effet de serre), consommer plus de bio, plus de produits frais, préparer soi-même ses repas…

   - éteindre ou réduire le chauffage la nuit, prendre une douche plutôt qu’un bain ;

   - ne plus acheter d'appareils électriques qui ne soient pas de classe A+++, A++ ou A+.

Le changement climatique, ce n'est pas une idée pour demain.

C'est aujourd’hui qu'il nous faut tous agir pour l'avenir des générations futures !

Yvon Thomas, Claude Martel, Christian Bardinet,

Jean-Luc Jaouen, Michelle Le Roux,

coprésidents

 

(*) La 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015